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La NBA Europe n'a pas encore disputé le moindre match, mais la bataille des investisseurs fait déjà rage. Un consortium emmené par Nikesh Arora, PDG de Palo Alto Networks, a déposé une offre dépassant le milliard de dollars pour s'offrir la franchise londonienne, l'une des plus convoitées de la future ligue. Celle-ci doit voir le jour au second semestre 2027 avec seize équipes fondatrices. Le chiffre donne le vertige : une somme jamais atteinte pour une équipe de basket qui n'existe encore que sur le papier.
Une surenchère qui dépasse les attentes
Plus de 120 investisseurs potentiels ont manifesté leur intérêt pour NBA Europe, avec des offres allant de 500 millions à plus d'un milliard de dollars par équipe.
Le New York Times, via The Athletic, a révélé le 2 août qu'Arora a rassemblé un groupe d'investisseurs prêt à débourser plus d'un milliard de dollars — soit environ 740 millions de livres sterling — pour la place londonienne. L'homme d'affaires s'était déjà illustré cet été en menant le consortium qui a acquis les London Spirit, la franchise la plus lucrative du championnat anglais de cricket The Hundred, pour 295 millions de livres.
Plus de 120 investisseurs potentiels ont manifesté leur intérêt pour NBA Europe, avec des offres allant de 500 millions à plus d'un milliard de dollars par équipe. Londres, Paris, Madrid, Berlin, Barcelone ou encore Milan figurent parmi les marchés ciblés. Adam Silver, le commissionner de la NBA, a confirmé que la ligue visait un lancement dans le courant du second semestre 2027. Le format envisagé — une ligue semi-fermée de seize équipes — reproduirait le modèle nord-américain, avec des franchises détenues par des investisseurs privés plutôt que des clubs historiques. Une architecture radicalement différente de celle du sport européen, qui risque de bousculer bien des habitudes.
Pourquoi la capitale britannique attire autant
Londres coche toutes les cases. Une salle moderne avec l'O2 Arena, un public qui remplit régulièrement les matches de saison régulière organisés sur place depuis 2011, un écosystème médiatique anglophone et une place financière capable d'absorber des valorisations à dix chiffres. Le basket y connaît une croissance constante : les London Lions, qui évoluaient en EuroCup, ont prouvé qu'un club professionnel pouvait fédérer dans la capitale.
La NBA n'a jamais caché son ambition européenne. Après la NBA Africa lancée en 2021, l'expansion vers le Vieux Continent représente le prochain grand chantier international de la ligue. Les droits télévisés, le merchandising et le vivier de talents européens — près de 70 joueurs actuels en NBA sont originaires d'Europe — justifient cet investissement colossal. Arora n'est d'ailleurs pas un novice : son récent rachat des London Spirit montre qu'il sait convaincre des partenaires et structurer des tours de table dans l'économie du sport britannique. Son profil de dirigeant tech, à la tête d'une entreprise de cybersécurité pesant plus de 100 milliards de dollars, rassure les autres investisseurs sur la solidité du montage financier.
Ce que cela change pour le basket européen
L'arrivée d'une NBA Europe redistribuera les cartes du paysage continental. L'EuroLeague et la FIBA observent le projet avec attention, plusieurs franchises historiques craignant une fuite des talents et des sponsors vers cette nouvelle compétition adossée à la machine marketing de la NBA. Reste à savoir quel modèle sportif sera retenu : ligue fermée comme outre-Atlantique, ou système intégrant une forme de promotion-relégation. La question est brûlante pour des clubs comme le Real Madrid, le CSKA Moscou ou le Fenerbahçe, piliers de l'EuroLeague, qui pourraient voir leur attractivité diminuer si la NBA Europe capte l'essentiel des revenus télévisés et des partenariats.
Le prix d'entrée à un milliard de dollars donne une indication sans équivoque. Les investisseurs ne misent pas sur un produit secondaire : ils parient que le basket professionnel européen peut changer d'échelle et générer des revenus comparables à ceux des grandes ligues américaines. La saison 2027 approche, et Londres pourrait bien en être la vitrine. Pour l'instant, aucune autre ville n'a vu émerger une offre aussi agressive. La capitale britannique a pris une longueur d'avance.
