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Grigonis secoue l’EuroLeague en racontant ses années Ataman

Marius Grigonis n’a pas quitté le Panathinaikos avec fracas, mais son retour au Zalgiris Kaunas s’accompagne d’un récit qui fait du bruit en EuroLeague. Dans un…

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Marius Grigonis n’a pas quitté le Panathinaikos avec fracas, mais son retour au Zalgiris Kaunas s’accompagne d’un récit qui fait du bruit en EuroLeague. Dans un entretien accordé autour de son retour en Lituanie, l’arrière a décrit quatre saisons athéniennes faites de sommets, de blessures, de rôle incertain et d’une relation quasi inexistante avec Ergin Ataman. Le propos n’efface pas le titre européen gagné à Athènes ; il raconte plutôt l’envers d’une équipe capable de tout gagner sans forcément arrondir les angles.

Un retour qui libère la parole

Il connaît Kaunas, son environnement, ses exigences, et il retrouve un club où son nom parle immédiatement aux supporters.

Grigonis revient au Zalgiris avec un statut particulier. Il connaît Kaunas, son environnement, ses exigences, et il retrouve un club où son nom parle immédiatement aux supporters. Son passage loin de la Lituanie l’a mené au CSKA Moscou, puis surtout au Panathinaikos, où il a traversé une période très dense entre reconstruction, blessures au dos et conquête de l’EuroLeague.

C’est justement ce contraste qui donne du poids à ses mots. Le joueur ne décrit pas seulement une mauvaise expérience. Il rappelle avoir vécu l’une des périodes fortes de sa carrière, dans une salle et une ville où le basket occupe une place presque brûlante. Mais il emploie aussi l’idée d’un chaos organisé pour raconter le quotidien du Panathinaikos : une première saison agitée, un vestiaire sous tension, puis une métamorphose rapide vers le sommet européen.

Le tableau est donc plus fin qu’un règlement de comptes. Grigonis reconnaît l’intensité et la puissance du club grec, tout en donnant à voir le coût humain d’un fonctionnement où le joueur peut parfois avoir du mal à savoir exactement où il se situe.

Ataman, la distance assumée

La partie la plus commentée concerne Ergin Ataman. Grigonis affirme que l’entraîneur turc garde volontairement ses distances avec les joueurs et que la communication directe est presque absente. Le propos a été repris en Grèce, en Lituanie et dans plusieurs médias spécialisés, car il touche à un point sensible : Ataman est un technicien titré, charismatique, mais aussi connu pour une méthode qui ne cherche pas toujours la douceur.

Selon Grigonis, cette distance s’est particulièrement ressentie lors de son retour après ses problèmes de dos. Il espérait retrouver progressivement une place, mais son rôle en EuroLeague est resté réduit. Le joueur raconte des situations où il pouvait être appelé tardivement, parfois après l’entraînement, pour rejoindre l’équipe en déplacement, ou apprendre peu avant le coup d’envoi qu’il allait finalement jouer.

Ces détails éclairent une tension classique du basket européen de très haut niveau : les grands clubs veulent gagner tout de suite, les rotations changent vite, les états de forme décident parfois davantage que les statuts. Grigonis, lui, dit avoir gardé une attitude professionnelle, disponible quand l’équipe avait besoin de lui, même lorsque la place proposée ne correspondait pas à ses attentes.

Panathinaikos, entre dureté et ivresse

Le récit a d’autant plus résonné que le Panathinaikos n’est pas un club neutre. À Athènes, les émotions montent vite et redescendent rarement doucement. Grigonis raconte les critiques violentes des débuts, puis le renversement complet après le sacre européen. En quelques mois, le même environnement est passé de la défiance à l’adoration.

Cette bascule dit beaucoup du sport de haut niveau, surtout dans les institutions où la victoire absorbe presque tout. Un joueur peut se sentir apprécié par les dirigeants, respecté par une partie du public, mais néanmoins isolé dans la gestion quotidienne de son rôle. Le cas Grigonis rappelle que le succès collectif ne garantit pas toujours une expérience individuelle lisible.

Ataman, de son côté, conserve l’argument le plus solide dans ce genre de débat : les titres. Sa méthode a fonctionné assez fort pour ramener le Panathinaikos tout en haut de l’EuroLeague. Mais les mots de Grigonis ajoutent une pièce au dossier, celle du vestiaire vécu de l’intérieur, avec ses zones de silence et ses décisions prises à très courte distance du terrain.

Kaunas comme nouveau départ

Pour Grigonis, l’enjeu immédiat n’est plus de refaire l’histoire grecque. Il s’agit surtout de redevenir un joueur central, dans un cadre familier, après des saisons marquées par les douleurs physiques et les ajustements permanents. Le Zalgiris récupère un arrière expérimenté, capable de créer, de sanctionner à distance et de porter une mémoire rare de l’EuroLeague moderne.

Son témoignage ne ruinera pas l’image d’Ataman, ni celle du Panathinaikos. Il rappelle simplement que derrière une équipe championne, il existe des chemins individuels moins lisses que la photo avec le trophée. À Kaunas, Grigonis cherchera maintenant une chose plus simple à dire qu’à obtenir : jouer, peser, durer. Le reste, en EuroLeague, finit toujours par revenir sous les projecteurs.

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