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Thomas Tuchel n'a pas fait dans la langue de bois. Au lendemain de l'élimination cruelle de l'Angleterre face à l'Argentine (2-1) en demi-finale de la Coupe du monde 2026, le sélectionneur allemand a livré une confession rare sur le match pour la troisième place qui attend les Three Lions, samedi soir (23h) à Miami face à l'équipe de France. L'enthousiasme n'est pas au rendez-vous, et le technicien ne s'en cache pas.
« Aucun joueur ne souhaite disputer ce match »
« Aucun de nos joueurs ni aucun des joueurs français ne souhaite disputer ce match.
La formule est cinglante et assumée. « Aucun de nos joueurs ni aucun des joueurs français ne souhaite disputer ce match. Ils veulent jouer la finale. Nous avons tout donné pour y parvenir. Tout le monde joue pour gagner la Coupe du monde, mais c'est ainsi », a déclaré Tuchel devant la presse, au micro de RMC Sport.
L'ancien entraîneur du PSG, de Chelsea et du Bayern Munich a toutefois promis d'aborder cette petite finale avec « professionnalisme », tout en rappelant un désavantage logistique qui pèse dans la balance : « Nous avons un jour de récupération de moins que la France. » Comprendre : les Bleus, éliminés mardi par l'Espagne (0-2), ont eu 24 heures de plus pour digérer la désillusion.
L'Angleterre a pourtant touché le paradis du doigt. Après l'ouverture du score d'Anthony Gordon à la 55e minute, les Three Lions menaient 1-0 et semblaient maîtriser leur sujet. Mais l'Albiceleste de Lionel Messi, auteur de deux passes décisives, a renversé la table dans les derniers instants. Une issue d'autant plus amère que l'Angleterre n'a plus goûté à une finale mondiale depuis son unique sacre, en 1966. En 2018, déjà, elle avait calé en demi-finale face à la Croatie (2-1 a.p.) avant de perdre le match de classement contre la Belgique (2-0). En 2022, c'est l'équipe de France qui l'avait sortie en quarts de finale (2-1).
Des choix défensifs sous le feu des critiques
Les changements opérés par Tuchel pour protéger l'avantage anglais après le but d'Anthony Gordon sont vivement contestés outre-Manche. Pourquoi reculer alors que son équipe tenait le match ? Le technicien allemand, droit dans ses bottes, a balayé les reproches : « Je n'ai aucun regret. » Selon le Daily Mail, il bénéficierait toujours du soutien fort de sa Fédération, avec laquelle il est lié jusqu'à l'Euro 2028.
L'intéressé regarde d'ailleurs déjà au-delà de ce Mondial. « Il nous faudra attendre quatre ans avant de participer à une autre Coupe du monde. C'est déjà une performance d'atteindre une demi-finale. Beaucoup de grandes nations sont éliminées avant. Mais personne n'a envie de l'entendre pour le moment, moi non plus, car nous sommes très exigeants envers nous-mêmes. Cet esprit de compétition nous permet d'aborder le prochain match avec plus de recul. »
L'autre côté du miroir : des Bleus sonnés
Côté français, l'ambiance n'est guère plus radieuse. Didier Deschamps devrait procéder à une large revue d'effectif après la désillusion face à l'Espagne. Ibrahima Konaté a dressé un constat amer — « On était en retard sur pas mal de choses » — qui en dit long sur l'état d'esprit du vestiaire tricolore à l'heure d'aborder cette petite finale que personne n'a vraiment envie de jouer.
Ce France-Angleterre ressemble à un match que tout le monde aurait préféré éviter. Un choc des ego déchus, une finale des perdants magnifiques. Mais l'orgueil national et une dernière chance de briller sur le sol américain, devant des millions de téléspectateurs, pourraient bien déjouer les pronostics et offrir un spectacle inattendu, loin des calculs et des déceptions du dernier carré.
