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La prolongation express d'un phénomène
À peine entré dans sa quatrième année de contrat recrue, Connor Bedard n'a pas fait traîner les choses. Le premier choix de la draft 2023 a signé le 18 juillet une prolongation de cinq ans avec les Blackhawks de Chicago, pour un total de 75 millions de dollars. Le salaire annuel atteint 15 millions, de quoi hisser le centre de 21 ans parmi les mieux payés de la LNH sans écraser la masse salariale d'une équipe en pleine reconstruction. Kyle Davidson, le directeur général, a salué « un joueur qui a continuellement défié nos attentes et s'est imposé comme un joueur d'élite, capable de rendre meilleurs ceux qui l'entourent à chaque présence ».
L'affaire a été bouclée en quelques échanges, loin des bras de fer qui agitent parfois la ligue.
L'affaire a été bouclée en quelques échanges, loin des bras de fer qui agitent parfois la ligue. « On savait tous les deux que ça n'allait pas demander beaucoup d'appels », a déclaré Bedard lundi, visiblement soulagé. L'intersaison a pourtant rappelé à quel point le marché des jeunes superstars peut s'enflammer : l'offre hostile de Philadelphie sur Leo Carlsson, finalement égalée par Anaheim à 18 millions annuels, a servi d'avertissement. Bedard, lui, a choisi la stabilité. Cinq ans, autonomie complète à 26 ans, et une colonne vertébrale garantie pour Chicago jusqu'à la décennie 2030.
Une ascension éclair dans les livres de records
Depuis son entrée fracassante dans la ligue, le natif de North Vancouver a compilé 203 points en 219 matchs. Vainqueur du trophée Calder en 2024, il est devenu le plus jeune Blackhawk à dépasser les 200 points. La saison passée, malgré douze rencontres manquées sur blessure, il a terminé avec 75 points — 30 buts, 45 passes en 69 apparitions —, meilleur marqueur de Chicago pour la troisième année de suite. Seuls Sidney Crosby, Connor McDavid et Auston Matthews affichaient pareil rendement avant 22 ans sur les vingt dernières saisons.
La trajectoire n'a pourtant rien eu d'un long fleuve tranquille. Fracture de la mâchoire et quatorze matchs d'absence dès sa première année. En décembre 2025, une chute lors d'une mise en jeu face aux Blues de Saint-Louis — Brayden Schenn a déséquilibré le jeune homme dans les dernières secondes — a entraîné une blessure à l'épaule droite et douze matchs d'absence de plus. Retour le 7 janvier 2026, ponctué de trois points contre Calgary. Comme si l'infirmerie n'était qu'une parenthèse.
Une épaule gauche à reconstruire avant la reprise
Le 8 juillet, dix jours avant de parapher son nouveau contrat, Chicago annonçait que son attaquant vedette raterait le début de la saison 2026-2027. Motif : une intervention chirurgicale à l'épaule gauche. « Ça va bien, presque deux semaines depuis l'opération, je fais tout pour que la guérison soit la plus rapide possible », a sobrement commenté Bedard, sans fixer de date. Le staff médical se dit confiant, mais le club reste muet sur le calendrier.
Ce deuxième pépin à une épaule en sept mois soulève une question concrète : le prodige peut-il encaisser la charge d'une saison complète de 82 matchs ? Avec 69 rencontres disputées l'an dernier, il n'a jamais franchi le seuil des 70 sur un exercice. Lui et la franchise comptent bien inverser la tendance une fois la convalescence terminée.
Chicago mise sur la continuité
La stratégie de Kyle Davidson se précise : plutôt que de spéculer sur le marché des agents libres, les Blackhawks bâtissent autour de leur joyau. La prolongation de Bedard, couplée à la signature record de Bowen Byram — six ans, 75 millions, un sommet pour un défenseur en salaire annuel —, esquisse une équipe taillée pour 2030. Le Russe Roman Kantserov, meilleur pointeur de la KHL la saison dernière et pressenti sur une aile aux côtés de Bedard, incarne l'autre pari estival.
Qualifié de « favorable à l'équipe » par les analystes nord-américains, le contrat du Canadien reflète une volonté de laisser de l'air à sa direction. Dans une ligue où le plafond salarial repart à la hausse, un centre élite bloqué à 15 millions jusqu'en 2031 pourrait vite devenir l'une des meilleures affaires du circuit. D'ici là, Chicago guette surtout le retour de son meneur. Et avec lui, le droit d'envisager enfin un printemps en séries.