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Shohei Ohtani n'a pas joué le 31 juillet. Pour la première fois depuis le 4 juillet, le nom du Japonais était absent de la feuille de match des Dodgers de Los Angeles, laissé au repos lors du dernier match de la série face aux Mariners de Seattle. Motif officiel : une douleur persistante au genou gauche qui ne cède pas. Dans les travées du Dodger Stadium, l'absence d'un frappeur affichant une moyenne de .304 avec 31 circuits cette saison ne passe pas inaperçue.
Le problème ne date pas d'hier. Ohtani traîne cette gêne depuis le 11 juin. Le 3 juillet, il lançait son dernier match de la saison — pour l'instant. Depuis, la superstar se contente du rôle de frappeur désigné, une situation qui commence à peser dans le vestiaire californien. Les Dodgers, leaders de leur division avec huit matchs d'avance, ont besoin de leur arme à deux visages pour les séries éliminatoires. Un Ohtani uniquement batteur, c'est déjà un atout majeur. Un Ohtani complet, c'est une tout autre équipe.
Le 3 juillet, il lançait son dernier match de la saison — pour l'instant.
Un genou, un biceps et des questions
Dave Roberts, le manager des Dodgers, a reconnu que la franchise priorise « la guérison complète du genou avant toute reprise du lancer ». Traduction : Ohtani ne remontera pas sur le monticule tant que l'inflammation ne sera pas résorbée. Une injection lubrifiante lui a été administrée pendant la pause du Match des Étoiles, qu'il a d'ailleurs manquée pour rester en soins à Los Angeles. Le staff médical surveille chaque séance, chaque mouvement, chaque grimace.
Comme si cela ne suffisait pas, Ohtani a révélé le 29 juillet souffrir également du biceps droit. Deux blessures qui se superposent et compliquent un tableau déjà incertain. Plusieurs médias américains évoquent une inquiétude interne à la direction des Dodgers, même si le club reste officiellement confiant sur une reprise du lancer cette saison. En privé, certains membres de l'encadrement technique redoutent un scénario où le Japonais devrait se limiter au bâton jusqu'en octobre, voire au-delà.
L'équilibre précaire d'un phénomène
Ohtani demeure l'un des frappeurs les plus productifs de la Ligue nationale. Sa simple présence comme DH transforme l'alignement des Dodgers. Mais le voir cantonné à la moitié de son arsenal rappelle la fragilité de son profil. En 2023, une deuxième opération du coude l'avait écarté des terrains pendant près d'un an. Personne à Los Angeles ne veut revivre ce scénario. Les Angels, son ancienne équipe, avaient dû patienter jusqu'en mai 2024 pour le revoir sur un terrain. À l'époque, le doute avait duré des mois.
Le Japonais dispute actuellement la troisième saison d'un contrat record de 700 millions de dollars signé en décembre 2023. L'investissement est colossal, et chaque jour d'indisponibilité au lancer ravive la question de sa capacité à rester ce joueur à deux facettes qui a redéfini le baseball moderne. Dans l'histoire récente de la MLB, seul Babe Ruth a porté durablement ce double rôle avec un succès comparable. La comparaison, flatteuse, souligne aussi l'absence de précédent fiable pour gérer une telle machine humaine.
Course contre la montre
Aucune date de retour au lancer n'a été communiquée. Ohtani continue les traitements, alterne repos et présence comme frappeur, et attend le feu vert médical. Les Dodgers peuvent temporiser : leur avance en division leur offre ce luxe. Mais le temps presse car les playoffs approchent, et le jeu s'y durcit. Les rotations de lanceurs s'y réduisent, les frappeurs y sont plus agressifs. Un Ohtani limité au bâton y resterait une menace, mais une menace amputée.
Le Japonais a déjà prouvé qu'il savait revenir de tout. Son genou finira par guérir, comme son coude avant lui. La question n'est pas de savoir si, mais quand — et dans quel état. Les Dodgers avancent masqués, Ohtani patiente, et toute la Ligue nationale retient son souffle.
