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Un mois de Mondial aux États-Unis : entre chaleur humaine et grand n'importe quoi

Cinq semaines, seize villes, des milliers de kilomètres avalés d'un fuseau horaire à l'autre, et une Coupe du monde qui s'est achevée dimanche soir par le sacre de…

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Cinq semaines, seize villes, des milliers de kilomètres avalés d'un fuseau horaire à l'autre, et une Coupe du monde qui s'est achevée dimanche soir par le sacre de l'Espagne face à l'Argentine au MetLife Stadium de New York. Pour Antoine Huot de Saint Albin et Aymeric Le Gall, les deux envoyés spéciaux de 20 Minutes, l'heure est au bilan. Le leur n'a rien d'un simple relevé de scores ni d'un débriefing tactique : c'est le carnet de voyage de deux journalistes français qui ont passé un mois à sillonner les États-Unis et en sont revenus avec une certitude : ce pays ne ressemble pas à l'idée qu'on s'en fait.

Des Américains qui ont retourné tous les clichés

« Ils nous ont cassé bon nombre de préjugés », écrivent-ils dans ce bilan qui tient autant du récit de voyage que de l'analyse sportive.

Le préjugé avait la vie dure. Avant de poser leurs valises outre-Atlantique, les deux reporters s'attendaient à une indifférence polie, au mieux, de la part d'un peuple réputé imperméable au football et obsédé par ses quatre sports nationaux. La réalité les a cueillis dès les premiers jours. À Los Angeles, Dallas, Kansas City, Seattle, Philadelphie ou Miami, ils ont trouvé des Américains non pas ignorants du Mondial, mais curieux, incroyablement serviables et souvent nettement mieux informés qu'ils ne l'imaginaient.

« Ils nous ont cassé bon nombre de préjugés », écrivent-ils dans ce bilan qui tient autant du récit de voyage que de l'analyse sportive. Les clichés sur l'Amérique individualiste, froide et indifférente au reste du monde n'ont pas résisté à un mois d'immersion dans les villes hôtes. Partout, les deux journalistes ont été accueillis avec une générosité qui les a déconcertés. Y compris dans les États, nombreux, où le football demeure un sport de niche pratiqué le week-end par les enfants et regardé à la télévision par une minorité. Le constat est d'autant plus frappant que le pays n'a jamais semblé passionné par la compétition elle-même : les audiences télévisées sont restées modestes, les unes des journaux continuaient de parler baseball et présidentielle. Mais les Américains rencontrés sur le terrain, eux, étaient présents, attentifs, souvent mieux informés qu'on ne le pensait. La Coupe du monde a laissé une trace humaine, même là où elle n'a pas bouleversé les audiences.

Le grand n'importe quoi logistique

Car à côté de la chaleur humaine, les deux envoyés spéciaux ont aussi collectionné les situations ubuesques. Files d'attente interminables dans des stades parfois éloignés du centre-ville, signalétique hésitante, transports en commun saturés, contrôles de sécurité à géométrie variable selon les sites : le Mondial américain a souvent ressemblé à une fête géante organisée à la hâte, avec les moyens du bord. Les deux reporters ne cachent rien des ratés logistiques, qu'ils racontent avec un sens du détail qui vaut tous les communiqués officiels.

Le récit mêle ainsi anecdotes savoureuses et constats plus sévères. Certaines fan zones ont peiné à se remplir, des supporters étrangers se sont perdus dans des parkings gigantesques, des chauffeurs de VTC ont refusé des courses vers les stades par peur des embouteillages. Mais derrière ce grand n'importe quoi logistique, les deux journalistes insistent sur un point : rien de tout cela n'a jamais gâché l'expérience des supporters. Au contraire, l'improvisation a parfois produit des moments de franche rigolade, comme ces automobilistes klaxonnant au passage des cars de supporters mexicains ou ces serveurs de fast-food apprenant par cœur le nom des équipes européennes pour mieux accueillir la clientèle.

L'après-Mondial, un héritage incertain

La vraie question, pour les deux envoyés spéciaux, reste celle de l'héritage. Le football américain sort-il grandi d'un mois de Coupe du monde sur son sol ? La réponse est nuancée. Les ligues professionnelles locales ont vu leur affluence légèrement progresser, quelques équipementiers ont noté un pic d'intérêt sur les produits foot, et la visibilité de la discipline auprès du grand public a indéniablement augmenté. Mais le calendrier sportif américain reste dominé par le football US, le basket, le baseball et le hockey, et rien n'indique encore une bascule durable des habitudes.

Les deux reporters relèvent enfin un point souvent oublié : le rôle des villes hôtes secondaires, ces municipalités moyennes qui ont accueilli des équipes pendant plusieurs semaines, parfois pour la première fois de leur histoire. Beaucoup de ces villes ont joué le jeu à fond, voyant dans l'événement une vitrine et un coup de fouet économique. L'avenir dira si l'enthousiasme local se transforme en ancrage durable, ou si l'enthousiasme s'évapore dès le retour des projecteurs vers d'autres disciplines. Une chose, en revanche, ne fait aucun doute pour les deux envoyés spéciaux : l'Amérique qu'ils ont découverte en juillet 2026 n'est pas celle qu'ils imaginaient en embarquant.

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